La peine de mort et les mariages précoces sont enfin abolis au Tchad

Le Président tchadien Idriss Deby s’est engagé à bannir le mariage des mineurs d’ici 2020 avec le soutien du Fond des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Pour cela, l’âge légal du mariage au Tchad a été relevé de 16 à 18 ans dans une réforme du Code Pénal qui prévoit également l’abandon de la peine de mort. Ce texte a été adopté par 111 députés et abroge celui de 1967.

Au Tchad, 28% des femmes de 15 à 49 ans ont été mariées avant l’âge de 15 ​ans, révèle l’UNICEF, et 69% des femmes âgées de 20 à 49 ont été mariées de force avant 18 ans. Lors de la journée de la femme africaine le 31 juillet dernier, la ministre tchadienne des droits de la Femme, Ngarmbatina Carmel Sou IV a révélé que : “ce taux varie selon les régions et oscille entre 60 et 80% dans les autres régions contre 52% à Ndjamena (la capitale du pays ndrl).” Elle définit les mariages précoces comme étant une “violation non seulement des droits humains, mais aussi de la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant”.

Il est important de rappeler que les mariages précoces sont porteurs de très lourdes conséquences pour la jeune fille, comme le refus d’accès à l’éducation : une fois mariées, elles ne vont plus à l’école. Elles sont également sujettes à des problèmes de santé (grossesses prématurées, Infections et Maladies Sexuellement Transmissibles, comme le VIH). Elles sont aussi victimes de maltraitance : les enfants qui refusent de se marier ou qui choisissent leur futur conjoint contre la volonté de leurs parents sont punis ou deviennent les victimes de “crimes d’honneur”, commis par leurs familles.

En 2015, le Président avait promulgué une loi qui punit de 5 à 10 ans de prison et de 500 000 à 1 million de FCFA (750 à 7 500 euros) toute personne qui contraint un mineur à un mariage.

La peine de mort également interdite

Le Tchad avait aboli la peine de mort avant de la rétablir par la loi n° 034 d’août 2015, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, lorsque le pays avait été frappé par une série d’attentats jusque dans la capitale Ndjamena. Elle reste établie uniquement pour les cas de terrorisme.

Via: Au féminin

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