TÉMOIGNAGE : “J’AI APPRIS MA SÉROPOSITIVITÉ LORS DE MA PREMIÈRE GROSSESSE”

Elle a appris sa séropositivité alors qu’elle est enceinte de son premier enfant…. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, Tara se confie sur cette douloureuse expérience de future maman séropositive.

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« J’avais seulement 21 ans lorsque j’ai rencontré celui qui allait me transmettre le VIH. Je l’aimais, j’avais confiance en lui et jamais je n’ai pensé, sûrement parce qu’on ne me l’avait pas appris, qu’aimer pouvait rendre malade… Pourtant, c’est bien ce qu’il s’est passé : mon compagnon était séropositif, lui-même l’ignorait. Nous sommes restés 2 ans ensemble, durant lesquels nous n’avons jamais utilisé de préservatif. Alors bien sûr, ce qui devait arriver est arrivé…

J’ai su que j’étais séropositive… lors de ma grossesse !

Ma séropositivité, j’en ai eu connaissance à l’occasion d’un contrôle de routine, alors que j’étais enceinte de deux mois de ma première fille, Louane. Je n’avais jamais fait de test avant. Lorsque l’on m’a convoquée pour me l’annoncer, le ciel m’est tombé sur la tête. 10 minutes avant, je nageais dans le bonheur et là… l’horreur. Après le choc passé, j’ai eu rendez-vous avec un médecin spécialiste en la matière. Il m’a expliqué qu’avec un traitement adapté, il y avait très peu de chance que mon bébé soit séropositif lui aussi. J’ai suivi le traitement à la lettre pendant tout le reste de ma grossesse, en prenant des médicaments chaque jour et j’ai patienté, aussi sereine que possible, jusqu’à la naissance de ma fille. Mon accouchement s’est très bien passé et j’ai attendu, non sans une certaine inquiétude, les résultats de sa sérologie, qui sont tombés 3 jours plus tard. Ouf, Louane était bien séronégative, c’est-à-dire qu’elle n’avait pas été contaminée par le virus durant la grossesse. C’était un vrai soulagement pour moi, vous n’imaginez pas… Par contre, durant les premiers mois, je n’ai pas eu le droit de l’allaiter bien que j’en avais très envie : il y a trop de risques que le virus passe dans le lait maternel. J’ai donc du me contenter de donner du lait maternisé à ma fille mais tant pis. L’essentiel est qu’elle soit en bonne santé et qu’elle profite de sa vie de petite fille comme tous les autres enfants.

Grâce à mes deux enfants, j’ai des projets… malgré ma séropositivité

Aujourd’hui, Louane a 6 ans. Elle n’est pas au courant de ma maladie. Je la trouve bien jeune pour lui en parler même si je sais que je devrai le faire tôt ou tard. L’année dernière, je suis tombée enceinte de nouveau et j’ai accouché il y a peu d’un petit garçon, lui aussi en parfaite santé. Je voudrais dire à toutes les mamans, que grâce à la médecine moderne, il est aujourd’hui possible de donner naissance à des enfants séronégatifs, à condition de prendre son traitement extrêmement sérieusement. Bien sûr, la maladie est toujours présente dans mon esprit mais grâce à mes deux enfants, j’ai une vie normale, des projets plein la tête et beaucoup d’espoir. L’espoir donc doit rester de mise pour tous : il y a une vie, et notamment une vie de famille, même avec le VIH ».

.Source Famili.fr- Quitterie Pasquesoone